Festival Belluard Bollwerk International

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Comment vous êtes-vous toustes rencontré·e·s ?
Burning Spiaggia (...) - Pyre Musik Mïzik: Sur la pointe d’un rocher au bord du lac de Salagou.

Depuis combien de temps faites-vous de la musique ensemble?
Nous avons participé à une résidence artistique dans la Creuse (France) en 2016, organisée par Le Collectif Galta. Le soir, après le repas, on improvisait tous ensemble des séances d'écoute, des discussions, on regardait des films… Tout ça dans une vieille grange. Dimitri avait ramené son projecteur et des objets réfléchissants, Timothée sa guitare, Zoé son violon et Jony un tam-tam et c'est là que nos expériences sonores et visuelles ont commencé. Des jams de bruits et d’images très libres. Celles et ceux qui étaient présent·e·s se sont laissé·e·s bercer par ce qu'on faisait et on a fini par jouer presque tous les soirs dans cette grange. Ces divagations se sont officialisées suite à l’invitation d’Aurore Buffat (Les Linguines), aussi présente lors des dits soirs dans la grange, à jouer à Bongo Joe, Genève. Ce fut notre premier concert. Par la suite, nous avons collaboré avec d’autres musiciens, Jocelyn, Adrien ou John à la guitare, dans des contextes tout à fait uniques et différents. Et Augustin nous a rejoint de façon plus permanente avec ses synthés fous et sa guitare.

Quelle place occupe l'improvisation dans vos concerts ?
Quasiment toute la place. Des fois on ne sait même pas où mettre la table de mix. Souvent, on se met d’accord sur un début et une fin dix minutes avant de commencer. Parfois aussi, quand on aime beaucoup un motif qui apparait lors de nos répétitions/jams, on décide de le garder, de le mettre dans notre liste de tubes. On a quand même beaucoup beaucoup joué ensemble, alors malgré l’improvisation, on a développé un langage commun assez présent et une écoute forte. C’est ce qu’on souhaite creuser encore et encore: un dictionnaire de signaux…

Pourquoi utiliser tout de même un fil rouge? Et pourquoi celui-ci consiste-t-il en un mot clé (ici: Estran)?
Le mot clé est une surface de liberté, un socle d’où lequel décoller un peu partout. On tente de surfer sur le fil rouge, s’en éloigner, rebondir, retomber sur nos pattes. Finalement, il nous rend plus libres tout en nous donnant un léger cadre.

Que signifie pour vous estran ?
L’estran (zone maritime tantôt couverte et tantôt découverte par la marée), c’est peut-être ce mouvement que l’on vit à l’intérieur de nous-mêmes pendant les lives. Un ascenseur émotionnel, des moments de vertiges et de jouissance, où l’on se sent soudain très loin, soudain très proche. Tantôt submergé·e·s, tantôt à la surface.

Comment se noue le dialogue entre la vidéo et les instruments ? Qui influence l'autre?
Il se noue surtout par notre disposition spatiale…C’est une circulation assez fluide et aléatoire. On tente d’être perméable et de se laisser porter. On essaie de toujours avoir un retour vidéo sur un écran si la projection se passe derrière nous.

Quel est votre rapport au thème de cette année, l’impact ?
Dès le départ, notre projet s’est développé comme une possibilité de s’évader et de bousculer à la fois. Se surprendre et surprendre le public par des sonorités inattendues.
Dans un monde où l’on nous demande sans cesse d'être productive et productif, efficace, il nous semble important de développer ce projet où l’on se donne le droit de prendre le temps, de déjouer les rythmes, de faire monter lentement l’intensité, de ne pas délivrer un produit bien emballé et préparé.

Quel impact espérez-vous avoir avec votre projet ou votre pratique artistique?
On ne saurait dire, pour l'instant, quel impact on aura avec Burning...plutôt un impact intérieur, une implosion sonore et visuelle. Chez les gens qui nous regardent et nous écoutent, une proposition au voyage. Puis dans le futur, se poser sur une plage, faire un feu et inviter des gens à divaguer jusqu'à leurs rochers.