Festival Belluard Bollwerk International

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Quelles ont été les transformations réalisées sur la danse du serpent avec les danseurs professionnels?

Pepe Elmas Naswa: Cette danse est créée et dansée par des jeunes délinquant·e·s de Kinshasa. Ils m’ont inspiré et donné l’envie de l’apprendre moi-même. Il a fallu du temps pour comprendre cet espace, cet esprit, et ce monde délaissé par la société. Après un an, je suis arrivé à les comprendre et à convaincre quelques jeunes de travailler avec moi, ce qui m’a permis de l'étudier et de me l'approprier en me basant sur une question: comment transformer ces réalités négatives en éléments positifs et acceptables dans la société.
J’ai organisé des ateliers d’échanges entre quelques jeunes délinquant·e·s et des danseurs professionnels qui ont permis une transmission d’esprit, d’énergie et des réalités. Les danseurs professionnels ont improvisé avec une liberté d’esprit et ces scènes ont été le matériel de base pour le spectacle.

Il n’y a qu’une femme sur scène. Pourquoi? Est-ce qu’il n’y a pas de femmes qui dansent la danse du serpent?
L’idée était de travailler avec trois jeunes femmes que j’avais rencontré. Je voulais qu’elles aient un mot à dire dans le spectacle sur leur vie et sur leur position dans la société. Elles ont participé aux ateliers d’échanges, mais elles ne sont pas restées et ont abandonné. Je n’avais pas les moyens qu’il faut pour les retenir. La seule fille qui a voulu continuer représente la position de ces femmes abandonnées et négligées.
Il y a plusieurs femmes qui créent et qui dansent la danse du serpent. Après avoir vu quelques extraits de mon spectacle, il y en a qui ont trouvé de l’espoir. J’ai envie de les encadrer mais les moyens me manquent.

Qu’est-ce que vous pensez du thème du festival de cette année, “impact”?
Ce thème est noble. Selon moi, offrir la possibilité de découvrir et de rencontrer d'autres présentations de danse peut donner l’opportunité aux futures générations de se libérer l’esprit et de changer leur position dans la vie.

Quel impact espérez-vous avoir avec ce projet ou avec votre travail artistique en général?
En tant qu’artiste, je ne peux pas sauver cette génération perdue. Mais je veux encadrer et soutenir la conscience de quelques-un·e·s et les orienter vers un autre chemin et vers une autre vie, à partir de leur don inné qui est la danse.
Aussi, je lance une alerte générale à ma société et au monde entier d’accepter ces jeunes, de leur faire confiance et de leur donner de l’espace.