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Quel est votre rapport aux rites?

Buhlebezwe Siwani: Mon approche des rites et des rituels est différente selon l'espace dans lequel je me trouve. Par exemple, il existe différents types de rituels pour chaque être humain. Certains se forment comme des habitudes, comme se brosser les dents ou se laver les cheveux tous les dimanches. D'autres rituels, traditionnels ou culturels, sont ceux qui m'intéressent.

Quels sont les rôles des rites dans la culture en général ?
Je ne suis pas sûre de comment l'expliquer au mieux. Les rites et la culture semblent fonctionner en symbiose, l'un se nourrissant de l'autre.

Pourriez-vous expliquer la place des rites de passage dans votre culture ?
Ils imprègnent chaque partie de notre existence, que ce soit en les reniant ou en les reconnaissant activement comme faisant partie de notre vie. Ils existent en tant que précurseurs de notre existence, car ils existaient avant la génération actuelle. Ce sont d'anciennes coutumes qui sont très spécifiques, il faut donc être précis lorsqu'on s'interroge sur les rites de passage, car il y en a beaucoup. Le passage est un espace liminal et chaque être humain passe par le changement, essentiellement un passage. Par exemple, la puberté est un passage.

Comment en tant qu'artiste reproduire le sacré d'un rite dans une performance, alors qu'on est entouré·e d'un public ?
Mon but n'est pas d'apporter quelque chose de sacré à un public, mais de mettre en lumière ce qui a toujours été considéré comme sombre et mystérieux. Les rites traditionnels et culturels ont toujours un public, ce qui signifie qu'il y a toujours des personnes qui participent activement ou passivement. Il y a quelque chose à dire sur le fait de savoir ce qui peut être montré et ce qui ne peut pas être montré et de voir comment traduire au mieux ce qui peut être montré d'une manière artistique.

Dans Baqamile la musique représente la transition entre les différents rites. Pourquoi avoir fait ce choix ?
La musique représente les transitions parce que la musique a fait partie intégrante de la plupart des rites culturels de passage et la transition semble toujours avoir un son.

Qu'amène la vidéo, qui est un support moderne, à votre thématique qui s'intéresse à des pratiques ancestrales ?
Je suis une artiste vivant dans un monde moderne. Un jour, je serai une ancêtre qui a vécu à l'époque de la vidéo. Les pratiques ancestrales ne signifient pas qu'il faille rester dans un mode de création archaïque afin d'honorer les pratiques ancestrales. Nous vivons à l'ère du numérique et la culture et les pratiques ancestrales s'adaptent parfois. C'est pourquoi j'ai décidé d'utiliser la vidéo. Je voulais m'assurer que l'expérience soit multi-sensorielle car les pratiques ancestrales n'existent pas sur un plan, elles existent à différents niveaux.

Quel est votre rapport au thème de cette année, l'impact?
Je ne suis pas sûr que ce soit à moi d'y répondre, parce que je pense que cela s'inscrit dans le cadre du festival, mais je vais essayer de vous donner des pistes. J’espère que Baqamile permettra aux gens de se forger une opinion différente sur quelque chose qui a été vu encore et encore. Les choses sont décortiquées de manière à ce que les personnes puissent s'interroger et se poser des questions, au lieu de simplement accepter ce qu'elles voient et entendent.

Quel impact espérez-vous avoir avec votre projet ou avec l'art en général ?
Je suppose que c'est le combat que chaque artiste mène contre soi-même, que ce soit pour créer des œuvres percutantes ou simplement pour faire une création. Dans un sens, je pense que chaque travail a un impact, que vous le sachiez ou non. Si votre travail déplace quelqu'un·e ou s'il s'articule bien et a la capacité d'apporter des changements positifs, c'est que votre travail est terminé. C'est la philosophie que j'adopte dans mon studio tous les jours.